Campei !

La gastronomie est un pilier important de la culture chinoise. J’aborderai dans un futur article les similitudes avec la culture française sur ce point en particulier mais aujourd’hui je vais m’intéresser à ce qui accompagne le repas. Car, qui dit grand repas, dit également boissons pour accompagner les mets. Et en Chine, il s’agit bien souvent d’alcool (jiǔ (酒)) !

Voici un petit guide de survie qui pourra peut-être vous servir si vous êtes amené à diner avec des chinois.

Le choix des armes

Globalement vous avez deux catégories d’alcool, les bières (píjiǔ 啤酒) et l’alcool fort (báijiǔ (白酒)).

Les bières chinoises, et asiatiques en général, sont relativement légères. Ne dépassant pas quelques degrés d’alcool, elles se boivent fraiches, sont désaltérantes et pourraient remplacer l’eau. Les plus filous diront que de toute manière l’eau du robinet n’est pas potable 😉

On raconte que ce sont les allemands qui ont introduit en Chine les techniques de fabrication industrielles de la bière. De nos jours, on en trouve des dizaines de marques différentes. On y retrouve évidemment la fameuse « Tsingtao » sous plusieurs variantes dont une « premium » qui a plus de goût que la version standard. Pour ma part, j’ai une préférence pour la « Harbin », une bière locale qui tire son nom de la ville du nord de la Chine.

Mais il faut le reconnaître, les chinois ont une préférence pour l’alcool fort. 39, 40, 50 voire 60° ! Le báijiǔ peut faire des ravages pour qui n’est pas habitué !

Pour l’anecdote, la première fois que je suis allé en Chine, on m’a demandé si je voulais boire du « vin blanc ». La traduction était relativement inexacte et vous imaginez mon étonnement lorsque la serveuse m’a apporté une petite fiole qui sentait l’alcool de riz !

L’alcool blanc peut se boire chaud ou froid, il en existe des dizaines de variétés. Aromatisé aux fruits ou aux racines, son prix peu aller de quelques dizaines à plusieurs centaines de yuans !

Créer des liens

Boire ensemble, ce n’est pas que profiter d’une bonne bouteille, aussi joliment décorée soit-elle. Cela permet de mieux se connaitre et de lier des liens plus forts.

Même si la communication peut être parfois difficile à cause de la barrière de la langue, après quelques verres, le dialogue s’établit rapidement à grands renforts de gestes, voire d’onomatopées. Tout le monde passe alors une soirée mémorable et les convives se quittes en « frères ».

C’est également une pratique très courante dans le monde des affaires. Pour tisser de bons liens professionnels et gagner la confiance de l’autre, il faut parfois essayer de tenir l’alcool, quitte à dépasser ses limites. Pour prouver sa valeur face à un client ou au grand patron, il n’est pas rare de voir des cadres en costume rentrer dans un sale état. Si ce ne doit pas être très bon pour leur santé, espérons au moins qu’ils aient décroché un contrat ou une promotion.

Garder le rythme

Règle n°1 : on ne boit pas seul. En Europe, nous avons l’habitude de trinquer au début du repas, puis de boire à notre rythme. En Chine, la coutume est légèrement différente. Si vous déjeunez à côté d’un chinois, vous devez boire au même rythme que lui. Pour cela, il lèvera son verre, trinquera avec vous pour vous indiquer qu’il faut boire. Attention à ne pas perdre le rythme ! Vous pouvez faire de même en trouvant le bon moment pour le proposer : entre deux phrases, ni trop souvent, ni trop rarement. En fait il s’agit de faire attention à votre compagnon de boisson et à vous même, vous devez respecter son rythme et faire attention à vos capacités.

Au cours du repas, on trinque plusieurs fois. En général, tout au long de la soirée, chaque personne autour de la table fait un petit discours en levant son verre et le boit cul-sec, suivit par les autres convives. C’est à ce moment que retenti le « campei », cri général pour signifier qu’il faut vider son verre !

N’ayant crainte, les chinois sont très indulgents envers les étrangers si vous ne pouvez pas suivre. Je rappelle tout de même que l’alcool est souvent à plus de 40° !

Quand la bouteille est terminé, bien souvent la soirée se termine plus doucement avec une autre boisson … la bière ! Cela permet de continuer à trinquer et de s’amuser tout en redescendant le taux d’alcool général.

Organisation

Les chinois étant de gros buveurs, la législation est très stricte concernant l’alcool. Par exemple, il est totalement interdit de boire avant de prendre le volant. Tolérance zéro et gare à celui qui se ferait prendre ! Vous aurez donc l’occasion de repérer ces « capitaines de soirée » qui s’hydratent avec un peu de thé ou de jus de fruit.

Mais les chinois sont très inventifs quand il s’agit de business. Et des personnes qui ne boivent pas sont des clients moins rentables ! Il existe donc dans certaines villes, en plus des taxis classiques, des services de chauffeurs. Le principe est simple, si tout le monde souhaite boire, l’établissement propose de réserver un chauffeur pour la fin de soirée. En sortant du restaurant, ce chauffeur vous empruntera vos clés de voitures et vous reconduira tranquillement jusqu’à chez vous, dans votre voiture. Fini les galères pour aller retrouver sa voiture après une soirée arrosée, elle vous attendra demain matin devant chez vous ! Bon par contre le chauffeur doit rentrer par ses propres moyens, mais ça c’est une autre histoire.

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Voilà j’espère que ce petit guide vous permettra de mieux connaitre cette spécificité de la culture chinoise et que vous aurez l’occasion de faire plein de rencontres intéressantes autour d’un bon repas !

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